L’association Les Mots à la Bouche vous relaye deux réactions à  la situation que nous vivons actuellement.
*Une lettre-pétition lancée par l’association La Fabrique des Mirages pour la réouverture des lieux culturels dans notre ville de Nice.
*Une lettre-pétition du syndicat de la librairie française au président de le République

Lettre-Pétition « S.O.S. culture ! »

 

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les Responsables de la Vie associative de la Ville de Nice,

Nice a toujours été une ville qui combinait de façon tout à fait heureuse la nature et la culture.

Sa situation géographique privilégiée et son statut de Métropole possédant entre autres un Théâtre National, une Bibliothèque classée d’intérêt régional, de nombreux musées ainsi qu’une vie associative effervescente, la rendait très attractive pour touts les âges.

Nous reconnaissons que nous vivons depuis un moment une situation très compliquée à tous niveaux.

Le repli sur soi que nous avons dû subir depuis plusieurs mois a mené une bonne partie de la population de Nice à une solitude accrue, voire à un isolement parfois total.

Le substitut proposé dans ce contexte, l’écran de télévision ou d’ordinateur, est, il faut le reconnaître, complètement dépourvu de lien social.

Or ce qui donne envie de rester en vie est la perspective de rencontrer l’Autre.

L’arrêt brutal et total de toute activité incluant une telle perspective pour la ville de Nice constitue aujourd’hui un coup sévère à l’énergie vitale d’une grande partie de la population niçoise.

Les dernières statistiques de l’INSEE révèlent que 45 % des niçois vivent seuls et que ce pourcentage est encore plus élevé pour les séniors.

Notre association, La fabrique des mirages, centrée autour des Arts de la parole, a recueilli, depuis des mois, des témoignages de détresse de nombreux adhérents tout comme de sympathisants, sur le fait de ne plus pouvoir participer à aucun évènement culturel.

C’est à partir de ce point de vue humain et vivant que nous vous demandons de bien vouloir reconsidérer les limites de notre espace culturel.

Durant toutes ces années, nous savons que vous avez mis l’accent sur le développement d’un tissu culturel riche et varié favorisant le lien social et le partage .

Pour ces raisons, nous vous adressons aujourd’hui cette pétition, qui recueille un nombre conséquent de signatures, en vous demandant de considérer la possibilité d’une réouverture, même partielle, des espaces culturels. On pourrait à cet égard s’inspirer des mesures prises en principauté de Monaco qui non seulement à maintenu ouverts les lieux culturels mais en a encouragé la fréquentation.

Le cas échéant et si une telle réouverture, même partielle, ne serait pas envisageable, nous restons ouverts à un dialogue avec les instances de la vie culturelle sur des possibles alternatives (par exemple la possibilité d’envisager des rencontres culturelles dans des lieux atypiques). Il serait peut-être intéressant d’envisager de nouvelles possibilités avec les différents acteurs du Secteur Tertiaire, un des piliers de la vie économique de notre région, tant touché par la présente crise, comme nous le savons.

La conjoncture est difficile mais le temps presse. Plus on laisse ce désert culturel s’étendre, plus il sera difficile de reconquérir l’espace perdu, d’offrir les moyens d’une résilience à toute cette solitude et sentiment d’abandon qui affectent les niçois.

Face à l’urgence de la situation, il est essentiel que vous portiez votre attention à ce courrier, en espérant que vous pourrez prendre les décisions appropriées pour restaurer une partie de la vie culturelle et sociale dans notre ville.

 

Avec nos salutations cordiales

La fabrique des mirages

Pour signer cette pétition, veuillez envoyer un mail à l’adresse

fabriquemirages@gmail.com avec votre nom prénom et code postal.

Merci de soutenir cette démarche en la faisant connaître auprès de vos contacts.

La fabrique des mirages

Monsieur le Président, faisons le choix de la culture en rouvrant les librairies – Le Syndicat de la librairie française.

Monsieur le Président de la République,

A l’heure où les salles de spectacles, les musées, les centres d’art et les cinémas sont malheureusement contraints de nouveau à la fermeture, l’ouverture des librairies maintiendrait un accès à la lecture et à la culture dans des conditions sanitaires sécurisées.

En mars dernier, l’absence de masques, de gel, de protocole sanitaire face à ce virus ne permettait pas d’accueillir le public en librairie en toute sécurité. Depuis, les libraires se sont équipés et les gestes barrières sont parfaitement respectés dans leurs magasins. La librairie est un lieu sûr.

Le retour en nombre des lecteurs en librairie, jeunes ou adultes, à l’issue du premier confinement a illustré cette soif de lecture, porteuse de mille imaginaires, et cette volonté de défendre nos lieux de vie, de débats d’idées et de culture au cœur des villes. Sachons l’entendre.

A la veille du quarantième anniversaire de la Loi sur le prix unique du livre, rappelez avec nous, Monsieur le Président, que le livre n’est pas un produit comme un autre : c’est un bien qui doit être défendu par la nation, en toutes circonstances et en tous lieux.

Désormais, seul internet est autorisé à vendre des livres. Que les librairies indépendantes soient contraintes de fermer est totalement incompréhensible.

Comme vous le savez, ces librairies jouent un rôle que nul autre ne peut tenir dans l’animation de notre tissu social et de notre vie locale, pour la transmission de la culture et du savoir et le soutien à la création littéraire. Elles sont en outre un des plus efficaces remparts contre l’ignorance et l’intolérance.

Nous tous, libraires, éditeurs, écrivains, lecteurs sommes prêts à assumer nos responsabilités culturelles et sanitaires.

Ouvrir toutes les librairies, comme toutes les bibliothèques, c’est faire le choix de la culture. C’est un choix citoyen.

Monsieur le Président de la République, nous vous demandons, aujourd’hui, de laisser les librairies indépendantes ouvrir leurs portes, et de bien vouloir recevoir les représentants des signataires de cette lettre ouverte qui vous la remettront, masqués et en respectant les gestes barrières, dès que vous nous y inviterez.