Elle n’est pas morte ! est une chanson d’Eugène Pottier, écrite en mai 1886, et mise en musique sur l’air de T’en fais pas Nicolas de Victor Parizot.
Elle fait mention d’une part des combattants de la Commune Eugène Varlin, Raoul Rigault, Gustave Flourens, Théophile Ferré, Tony Moilin et Duval, fusillés lors de la semaine du 21 mai 1871mais aussi  et des anti-communards comme Maxime Du Camp et Alexandre Dumas fils.

Elle n’est pas morte
On l’a tuée à coups d’chassepots,
À coups de mitrailleuses,
Et roulée avec son drapeau
Dans la terre argileuse !
Et la tourbe des bourreaux gras
Se croyait la plus forte.
Refrain
Tout ça n’empêche pas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte !
(2 fois)
Comme faucheurs rasant un pré,
Comme on abat des pommes,
Les Versaillais ont massacré
Pour le moins cent-mille hommes !
Et les cent-mille assassinats,
Voyez c’que ça rapporte…
Refrain
On a bien fusillé Varlin,
Flourens, Duval, Millière,
Ferré, Rigault, Tony Moilin,
Gavé le cimetière.
On croyait lui couper les bras
Et lui vider l’aorte.
Refrain
Ils ont fait acte de bandits,
Comptant sur le silence,
Achevé les blessés dans leur lit,
Dans leur lit d’ambulance !
Et le sang inondant les draps
Ruisselait sous la porte !
Refrain
Les journalistes, policiers,
Marchands de calomnies,
Ont répandu sur nos charniers
Leurs flots d’ignominies !
Les Maxime Du Camp, les Dumas
Ont vomi leur eau-forte.
Refrain
C’est la hache de Damoclès
Qui plane sur leurs têtes :
À l’enterrement de Vallès,
Ils en étaient tout bêtes,
Fait est qu’on était un fier tas
À lui servir d’escorte !
Refrain
C’qui prouve en tout cas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte.
(2 fois)
Bref, tout ça prouve aux combattants
Qu’Marianne a la peau brune,
Du chien dans l’ventre et qu’il est temps
D’crier : « Vive la Commune ! »
Et ça prouve à tous les Judas
Qu’si ça marche de la sorte,
Refrain
Ils sentiront dans peu, nom de Dieu,
Qu’la Commune n’est pas morte !
(2 fois)