Nous avons changé la date de ce dernier café littéraire de la saison en raison de la Pentecôte … Ne manquez pas ce dernier rendez-vous pour venir partager vos dernières trouvailles en tous genres…
Compte-rendu de la séance du café littéraire du Samedi 28 mars 2026
Nous étions en petit comité, accueilli-es par Sonia et avons évoqué huit livres qui nous ont fait voyager dans le temps et l’espace …

Claude Rizzo Le long du Paillon
Ed Campanile 2022
Charles Lebel, l’un des écrivains les plus recherchés de son époque, a quitté Paris pour s’installer bien loin de tous lieux habités. Un exil qui cache un événement qui s’est écrit sur ces collines désertes, où l’ermite n’a d’autre commerce qu’avec sa voisine et sa fille. Une jeune femme qui elle aussi trouve bien des raisons de fuir les habitants du village. Un village où l’on s’ennuie ferme le dimanche.
Jeunes et vieux vont désormais se distraire ailleurs. Situation inadmissible aux yeux de Blaise Caponi, maire de la commune, mais aussi propriétaire de l’unique bar-restaurant du bourg. Le problème vaut bien une séance du conseil municipal. L’idée de l’ancienne directrice de l’école communale retient l’attention. Une reconstitution, par des saynètes, des événements survenus le long du Paillon. Toutefois, personne, ici, ne paraît capable d’écrire le scénario d’une telle épopée.
Seul l’écrivain pourrait s’acquitter de cette tâche.

Chantal Thomas Café Vivre
Seuil coll Fiction & cie 2022
Des chroniques dans lesquelles l’essayiste propose une réflexion sur la fuite du temps et les traces de la mémoire. Elle évoque le sentiment de détachement éprouvé face à un paysage ou à une oeuvre, ainsi que le mélange d’étrangeté et de familiarité qui caractérise le voyage.
Le Monde (Camille Laurens) : C’est à Kyoto que notre écrivaine voyageuse a vu cette enseigne parmi des panneaux indéchiffrables, et si le « Café Comme Ça », le « Voir Clair » ou le « Bon Bon Café », échos de sa langue maternelle, ont pu la faire rêver, elle a élu celui qui redonnait au verbe « vivre » sa « force active », où « le fait de vivre devenait ou redevenait une aventure neuve – un premier pas ».

Hervé Le Tellier Le nom sur le mur
Gallimard Folio 2025
Chaix était un résistant, un maquisard, un jeune homme à la vie brève comme il y en eut beaucoup.
Je ne savais rien de lui. J’ai posé des questions, j’ai recueilli des fragments d’une mémoire collective, j’ai un peu appris qui il était. Dans cette enquête, beaucoup m’a été donné par chance, presque par miracle, et j’ai vite su que j’aimerais raconter André Chaix. Sans doute, toutes les vies sont romanesques. Certaines plus que d’autres.
Quatre-vingts années ont passé depuis sa mort. Mais à regarder le monde tel qu’il va, je ne doute pas qu’il faille toujours parler de l’Occupation, de la collaboration et du fascisme, du rejet de l’autre jusqu’à sa destruction. Ce livre donne la parole aux idéaux pour lesquels il est mort et questionne notre nature profonde, ce désir d’appartenir à plus grand que nous, qui conduit au meilleur et au pire.
H. L. T.

Marie-Hélène Lafon Cézanne Livre de poche 2025
Il y a Paul et il y a monsieur Cézanne. Il y a le père et la femme, le jardinier Vallier, le docteur Gachet et les écrivains Flaubert et Zola. Tout un monde. Il y a les toits rouges sur la mer bleue, les mains, le sucrier, le chapeau, l’argent et les secrets. Il y a les silences, épais. Marie-Hélène Lafon est allée vers Cézanne comme on “va au paysage”. A corps perdu. Cet essai en est la trace éblouie.

Blanc Sylvain Tesson 2024 Gallimard / Folio
Avec mon ami le guide de haute montagne Daniel du Lac, je suis parti de Menton au bord de la Méditerranée pour traverser les Alpes à ski, jusqu’à Trieste, en passant par l’Italie, la Suisse, l’Autriche et la Slovénie.
De 2018 à 2021, à la fin de l’hiver, nous nous élevions dans la neige. Le ciel était vierge, le monde sans contours, seul l’effort décomptait les jours.
Je croyais m’aventurer dans la beauté, je me diluais dans une substance. Dans le Blanc tout s’annule — espoirs et regrets. Pourquoi ai-je tant aimé errer dans la pureté ?
S. T.

Najat El Hachmi Lundi ils nous aimeront
Ed. Verdier 2021 Prix Nadal 2021
Dans la banlieue de Barcelone, à la fin des années 1990, une adolescente d’origine marocaine issue d’une famille conservatrice rencontre une jeune fille qui s’est affranchie aussi bien des règles pesant sur leur communauté que des conventions sociales. L’enthousiasme, l’énergie et la détermination avec lesquels sa nouvelle amie surmonte les obstacles l’encouragent à lui emboîter le pas. Ensemble, elles vont conquérir de nouveaux espaces, impensables pour leurs mères. Hommage aux femmes courageuses, qui aspirent à être les sujets de leur propre vie, ce roman énonce l’impérieux souhait de trouver l’amour et la liberté dans un environnement fait d’assignations permanentes. C’est aussi le récit poignant d’une émancipation par l’écriture.

Ginette Kolinka & Catel Contre la haine
Ed. La sirène 2026
Dans ce livre sous forme d’entretiens (réalisés avec mes filles Julie et Line Scheibling), elle donne à entendre, d’une voix dont la clarté est bouleversante, son témoignage.
Elle m’a demandé d’y ajouter des dessins pour représenter « l’immontrable », pour fixer des images inexistantes… J’ai tenté d’y répondre par des illustrations d’une simplicité graphique en noir et blanc, à la manière de la gravure sur bois. Le récit évoque non seulement la déportation et les souffrances mais aussi les poisons toujours présents : le racisme , l’antisémitisme , le négationnisme, l’intolérance… Il ne s’agit pas d’une leçon d’histoire figée mais d’une réflexion contre la haine et son mécanisme. La mémoire n’appartient pas au passé, elle engage notre présent et notre avenir.

Barbara Cassin La guerre des mots Trump, Poutine et l’Europe Ed. Flammarion 2025
Trump, Poutine : chacun invente sa novlangue pour supprimer les mots et avec eux, les réalités qu’ils désignent. Face à cette manipulation, la philosophe et académicienne Barbara Cassin imagine une culture européenne émancipatrice, capable de s’affirmer comme un rempart.
Dans les listes de termes bannis par Donald Trump, dans la manière qu’a Vladimir Poutine de nommer la guerre en Ukraine une “opération spéciale”, dans la Riviera que le premier envisageait il y a peu de créer cyniquement à Gaza, la philosophe et philologue Barbara Cassin voit un combat précis, d’inversion du sens, de retournement massif du langage à des fins de toujours plus de domination et de violence. Un combat où les armes sont parfois difficiles à affuter et à tenir sur la longueur. Elle publie un livre dont elle écrit d’emblée qu’il lui a été urgent et nécessaire.
Un livre pour réaffirmer toute l’utilité de parler et transmettre Homère, ce nom possible pour la culture, laquelle lui semble seule à garantir une résistance, notre capacité de juger. Ce qui nous arrive passe par la langue et si cela peut faire peur, cela ne signifie pas qu’il n’y a rien à faire.
Compte-rendu de la séance du café littéraire du Samedi 17 janvier 2026
Grande diversité des thèmes et néanmoins beaucoup d’échanges et de croisement des références par les différents participants.
Certains des ouvrages nous amènent à parler de cinéma, de science-fiction, de récits de vie.







Nous sommes partis du local avec Armand Gasiglia et son récit autobiographique ancré à Contes, puis Crim à la Libé (à Nice place de la Libération pour ceux qui l’ignoreraient) ; et notre cercle s’est élargi au Japon (La péninsule aux 24 saisons), à l’Islande (L’embellie), à la Russie avec Polina Panassenko et à la Chine avec le goût sucré des pastèques volées !. Quant à New Victoria, gros pavé qui nous amène dans un monde Etats-unien peuplé de zombies il est pour certains absolument passionnant !
